CHU Sainte-Justine Université de Montréal

Thèmes de recherche

Utilisation des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la noradrénaline (ISRN), du bupropion et de la mirtazapine pendant la grossesse et le risque d'hypertension pulmonaire du nouveau né (HPNN).

Les antidépresseurs sont parmi les médicaments les plus fréquemment utilisés pendant la grossesse, soit environ 14% des femmes enceintes. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les ISRN, le bupropion et la mirtazapine figurent parmi les plus prescrits.  Cependant, peu de données probantes sur l'impact de leur utilisation au cours de la grossesse sont disponibles. À date, des recherches récentes ont montré l'existence d'une association entre la prise de ces médicaments au cours de la période gestationnelle et un  risque accru d'avortements spontanés, de malformations congénitales majeures, de prématurité, de faible poids à la naissance, et de retard du développement cognitif. Plus spécifiquement, un intérêt  a été soulevé concernant l'hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né (PPHN), un état grave conduisant à l'invalidité et la mortalité.  

Les objectifs de cette étude sont donc de quantifier l'association entre l'utilisation de trois classes d'antidépresseurs (les ISRNs, le bupropion, et la mirtazapine) pendant la grossesse et le risque  :1) la survenue de l'PPHN; et 2) le risque de malformations cardiaques. Cette étude sera réalisée dans deux bases de données canadiennes (cohorte des grossesses du Québec et la base de données de la Saskatchewan) et une base de données américaine (US Medicaid cohort).

Sources de financement

Cette étude a été subventionnée par les Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC).

Utilisation d'un traitement antirétrovirale hautement actif (TAHA) pendant la grossesse et le risque d'événements néfastes majeures (transmission mère-enfant (TME), malformation congénitale, et mortalité néonatale).

Le nombre de Canadiens infectés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) augmente chaque année , et les traitements antirétroviraux hautement actifs (TAHA) augmentent l'espérance de vie. Malgré l'augmentation annuelle de canadiens infectés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), le recours aux traitements antirétroviraux hautement actifs (TAHA) permettent d'augmenter l'expérance de vie. De ce fait, ils sont aussi de plus en plus utilisés chez les femmes enceintes séropositives.

Les données disponibles montrent que le taux de transmission mère-enfant (TME) du VIH dans les pays développés s'est nettement amélioré depuis la mise sur le marché des traitements antirétroviraux. Les seules informations sur la sécurité des TAHA pendant la grossesse proviennent de bases de données de pharmacovigilance. Ce sont des données partielles  sur les effets secondaires suite à l'exposition aux TAHA en période gestationnelle.

Les objectifs de cette étude sont donc: 1) de mesurer l'impact des TAHA initiés durant le  premier trimestre  de la grossesses et le risque de transmission mère-enfant (TME) comparativement à aux TAHA initiés durant le deuxième et troisième trimestres, dans une population de  femmes enceintes séropositives; 2) d'estimer le risque de malformation congénitale et le risque de mort néonatale chez les femmes exposées aux TAHA durant leur premier trimestre comparativement à des femmes non-exposées en ajustant pour le statut VIH.

Cette étude sera réalisée à l'aide de deux bases de données canadiennes (la cohorte des grossesses du Québec  et les bases de données de la Saskatchewan) et la base de données américaine "US Medicaid cohort".

Sources de financement

Cette étude a été subventionnée par les Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC).

Projet « feuilles 1-2-3+ » -  Étude-pilote sur la faisabilité d’informatiser les données récoltées dans les dossiers patients de suivi de grossesse et d’accouchement au CHU Sainte-Justine et de jumeler cette information avec les données de la Cohorte de Québécoise des grossesses.

Le Québec est la deuxième plus importante province au Canada après l’Ontario quant au nombre de naissances. Elle représente environ 23% des naissances canadiennes. La province n’est pourtant pas encore dotée d’une  base de données périnatales informatisée. Toutefois,  des feuilles standardisées (Feuilles 1, 2, 3+) y sont utilisées pour le suivi obstétrical.

L’objectif de ce projet pilote sera de déterminer la faisabilité de l’appariement entre les données cliniques périnatales récoltées à partir de ces feuilles standardisées, présentes dans les dossiers de suivi de grossesse et d'accouchement aux archives médicales du CHU Sainte-Justine entre 2005-2008 et des données de la cohorte des grossesses du Québec.

Sources de financement

Aucune.

Utilisation de la procréation médicalement assistée (PMA) au Québec, incluant les stimulants ovariens utilisés seuls, et le risque de  malformations congénitales majeures- Étude AtRISK.  

La procréation médicalement assistée (PMA) englobe tous les types de traitements de fertilité, soit les stimulants ovariens (OS) utilisés avec ou sans insémination intra-utérine (IIU) et les technologies de reproduction assistée (ART). Ces dernières englobent la fécondation in vitro (FIV) et les procédures qui lui sont liées telles que l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (IICS).

L'infertilité est un problème majeur de santé publique et de société. Plus de 15% des femmes âgées entre 15-44 ans ont déjà reçu des services reliés à l'infertilité. En Amérique du Nord et en Europe, 1-3% des enfants sont nés suite à l'utilisation des ART.  Au Canada, un total de 23 722 cycles de traitement impliquant les ART ont été rapportés par le Registre canadien des techniques de reproduction assistée en 2011, soit une augmentation nette de 29% depuis 2010.

Depuis l'entrée en vigueur  du programme de remboursement des traitements de la procréation médicalement assistée, au Québec en août 2010,  on s’attend à une augmentation considérable de l’utilisation de ces traitements. Bien que peu de données existent sur le risque de malformations congénitales majeures associé à la procréation médicalement assistée, nous avons encore moins de données sur les femmes qui utilisent les stimulants ovariens seuls (sans autres techniques de procréations). La proportion sans cesse grandissante des enfants nés après médicalisation de la conception rend ce suivi primordial.

L'objectif de cette étude est de quantifier le risque de malformations cardiovasculaires, urogénitales, musculo-squelettiques et autres malformations congénitales majeures associé à l’utilisation des traitements de la PMA dans la  cohorte TWINPREG.

Sources de financement

Cette étude a été subventionnée par les Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC) et le Drug Safety and Effectiveness Network (DSEN).

Utilisation de la procréation médicalement assistée (PMA) au Québec, incluant les stimulants ovariens utilisés seuls, et le risque de  grossesse multiple - Étude TWINPREG. 

Depuis la mise en vigueur du programme de remboursement des traitements de la procréation médicalement assistée (PMA), en août 2010, on prévoit que le nombre de cycles de ces traitements triplera au Québec. L'une des principales conséquences médico-économiques des traitements de l'infertilité est l'augmentation des grossesses multiples. Ces derniers sont principalement attribuables au transfert de plusieurs embryons au cours de la fécondation in vitro. Une stratégie de transfert d'un seul embryon a été adoptée par plusieurs pays et récemment par le gouvernement du Québec pour réduire le taux de grossesses multiples. Les traitements d’infertilité utilisant la stimulation ovarienne seule ou avec l'insémination artificielle n’impliquent pas un transfert d’embryon et sont plus fréquemment prescrits. Cependant, peu d'informations sont disponibles sur l'incidence des grossesses multiples suite à l'utilisation de la stimulation ovarienne sans insémination artificielle.

L'objectif de cette étude consiste à mesurer le risque de naissance multiple associé à l'utilisation de chaque traitement de la PMA; soit les stimulants ovariens utilisés seuls, l’insémination intra-utérine et la fécondation in vitro, dans une cohorte formée par le jumelage des banques de données médicales, pharmaceutiques, hospitalières et des naissances au Québec, ainsi que des données relatives à l’utilisation de la procréation médicalement assistée et au style de vie, auto-rapportées par la mère. Le jumelage des données administratives et auto-rapportées par la mère ont servie à constituer la cohorte TWINPREG.

Sources de financement

Cette étude a été subventionnée par le  Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS).

Utilisation d’antidépresseurs durant la grossesse et risque du trouble envahissant du développement (TED) chez l’enfant.

Les antidépresseurs sont parmi les médicaments les plus fréquemment utilisés pendant la grossesse. Environ  14% des femmes prennent ces médicaments  au cours de la période de la gestation. Toutefois, il existe peu de données probantes quant à l'utilisation appropriée d’antidépresseurs durant la période gestationnelle ou sur leur impact sur le neuro-développement de l’enfant et la santé mentale, en particulier les troubles envahissants du développement (TEDs). Les professionnels de santé doivent considérer l'impact de l'utilisation de ces médicaments pendant la grossesse sur les risques de survenue de TEDs tout en tenant compte de la maladie psychiatrique sous-jacente de la mère.

Les objectifs de cette étude sont de: 1) évaluer l'association entre l'exposition aux antidépresseurs durant la grossesse et le risque de TEDs en tenant compte la dépression maternelle; et 2) quantifier  l'impact  des différentes classes d’antidépresseurs  sur le risque de TEDs. Cette étude est réalisée grâce à la  cohorte des grossesses du Québec.

Sources de financement

Fonds de la Recherche en Santé du Québec (FRSQ), Réseau Québécois de Recherche sur l'Usage des Médicaments (RQRUM), Réseau FRSQ pour le bien-être des enfants.

Utilisation d'antimalariens pendant la grossesse et le risque d'issues de grossesse indésirables (faible poids à la naissance, prématurité, fausse couche, malformations congénitales).

La malaria non traitée constitue un problème de santé publique majeur dans le monde. Cette maladie est responsable de  660 000 décès par année chez les enfants de moins de 5 ans, et durant la grossesse, elle  tue près de 10 000 femmes par an. Bien que la malaria  touche 300 à 500 millions de personnes, soit près de 7% de la population mondiale,  il existe très peu de données  probantes dans la  littérature sur l’utilisation des antimalariens  et des antibiotiques ayant une activité antimalarienne  durant la grossesse et les risques pour la mère et le fœtus.

Les objectifs de ce projet de recherche sont de: 1) faire une revue systématique et une méta-analyse de l’utilisation des antimalariens au cours de la grossesse et le risque de faible poids à la naissance; 2) évaluer  et quantifier l’ association entre l’utilisation des antimalariens et des antibiotiques ayant une activité antimalarienne  durant la grossesse et  le risque d’ avortement spontanés et de malformations congénitales; et 3) évaluer l'association entre l'exposition aux antimalariens et antibiotiques ayant une activité antimalarienne  et le risque de dépression et d’hypertension gestationnelle chez la femme enceinte. Ce projet de recherche sera réalisé grâce aux données de la cohorte des grossesses du Québec.

Sources de financement

Aucune.

Utilisation des antidépresseurs durant la grossesse : Santé de la mère et développement de l'enfant.

Les antidépresseurs sont parmi les médicaments les plus utilisés durant la grossesse (14%). Toutefois, il n'existe pas de données probantes sur l'impact de l'arrêt par rapport à la continuation d'utilisation d'antidépresseurs durant la grossesse sur la mère et sur le développement cognitif et comportemental de l'enfant.

Ce projet de recherche vise ainsi à déterminer et quantifier l'effet de l'arrêt d'utilisation d'antidépresseurs durant la grossesse sur 1) la santé et le comportement de la mère durant et après la grossesse; 2) le développement cognitif et comportemental de l'enfant; et 3) l'incidence de prématurité, de malformations congénitales majeures, de bébés de petit poids, et d'admissions dans une unité néonatale de soins intensifs. Les diverses phases de ce projet sont réalisées grâce aux données recueillies dans le cadre de l'Étude de terrain nord-américaine sur les antidépresseurs: La santé et le développement de l'enfant. Ce projet de recherche a été approuvé par les Comités d'éthique de la recherche du CHU Sainte-Justine, du Sick Kids Hospital, et du West Ontarian Hospital for children.

Sources de Financement

Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC), Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) et Conseil du Médicament.

Stress parental, attachement et développement de l'enfant.

De plus en plus d'études démontrent que le stress prénatal et périnatal entrainerait des conséquences néfastes aussi bien pour la mère que pour l'enfant.  L’attachement mère-enfant est aussi très important pour le développement de l'enfant. Il a ainsi été démontré qu'une mauvaise relation mère-enfant est associée à des problèmes de santé chronique et à un faible développement psychosocial et cognitif de l'enfant.  Aussi, peu d'études prennent en compte le père et aucune étude ne s'est penchée sur impact du stress parental (mère et père) sur le développement cognitif et comportemental de l'enfant âgé de 12 mois dans une population de mères souffrant de troubles anxieux et/ou de dépression.

Les objectifs de ce projet de recherche sont donc d'évaluer l'effet du stress parental en période pré et post-partum ainsi que de l'attachement mère-enfant (avant et après l'accouchement) sur le développement cognitif et comportemental de l'enfant âgé de 12 mois. Les différentes phases de cette étude sont réalisées grâce aux données recueillies dans le cadre de  l'Étude de terrain nord-américaine sur les antidépresseurs: La santé de la mère et le développement de l'enfant.

Sources de financement

Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC), Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) et Conseil du Médicament.

Diabète et grossesse : Approches thérapeutiques, contrôle de la glycémie et risques pour le foetus.

Dans la mesure où la prévalence du diabète de type II est grandissante et que 50% des grossesses ne sont pas planifiées, un nombre croissant de femmes sont exposées à un médicament hypoglycémiant durant la période gestationnelle. En raison de la tératogénécité potentielle de ces médicaments et de l'importance du contrôle de la glycémie durant la grossesse, la thérapie hypoglycémiante est fréquemment remplacée par l'insuline lorsque la grossesse est diagnostiquée.

Dans cette étude, nous visons à comparer le contrôle de la glycémie ainsi que les taux de malformations congénitales chez les femmes souffrant de diabète de type II utilisant un médicament hypoglycémiant ou l'insuline. Cette étude est réalisée grâce à la cohorte des grossesses du Québec.

Sources de financement

Fonds de la Recherche en Santé du Québec (FRSQ), Réseau Québécois de Recherche sur l'Usage des Médicaments (RQRUM), Réseau FRSQ pour le bien-être des enfants.

Validation de l'utilisation des bases de données administratives au Québec pour mesurer l'exposition médicamenteuse chez les femmes enceintes.

Près de 60 % des femmes enceintes consomment des médicaments prescrits durant la grossesse. Toutefois, les femmes enceintes sont exclues de la plupart des essais cliniques pour des raisons éthiques, et donc il n'y a pas de données sur l’innocuité de l'exposition aux médicaments prescrits chez les femmes enceintes avant la mise en marché de ceux-ci.  Par conséquent, les études de cohortes réalisées à partir de grandes bases de données administratives sont les seuls outils éthiques permettant d’apporter de l’information sur l’impact de l’utilisation des médicaments prescrits pendant la grossesse.

Ces bases de données sont de plus en plus utilisé dans la recherche pharmaco-épidémiologie périnatale et ont de nombreux avantages, mais toutefois, elles ne fournissent pas de données sur l’utilisation des médicaments mais seulement des données sur les ordonnances servies. D'où le débat sur la validité des mesures d’utilisation des médicaments obtenues à partir de ces bases de données administratives. Les informations recueillies sur les ordonnances sont exhaustive mais l’on ne sait pas si l’ordonnance a été consommée. Plusieurs autres sources existent afin de mesurer l'exposition aux médicaments pendant la grossesse, soit les dossiers médicaux, les entretiens avec les patientes et les ordonnances des médecins, mais il n'existe pas de standard, et chaque source est sujette à des biais d'information et peut entraîner des erreurs de classification de l'exposition.

Actuellement, il existe peu de données sur la concordance entre la consommation des médicaments rapportée par la mère et les données sur les ordonnances fournies dans les bases de données administratives. L'objectif de cette étude était donc de déterminer la concordance entre l’information fournie par les ordonnances servies dans les dossiers des pharmacies et la consommation des médicaments rapportées par la mère pendant la grossesse.